Il est clair chers camarades que nous ne sommes plus compris et même plus entendus.
Les « acteurs » (de la vie) et « spectateurs » (de la politique) que nous sommes en grande majorité sont bien loin des acteurs de la « politique ». Les « politiques » sont pour reprendre une manière de dire de quelques-uns de nos « penseurs de gauche » dans « l’endogamie » et le « malthusianisme ».
Il nous faut présenter une « Révolution » pour être crédibles. Les gens pensent que nous pouvons rien faire, du moins rien de bien différent de ce fait la droite. « Gauche ou droite c’est du pareil au même » combien de fois avons-nous entendu cette rengaine.
Il est sans soute nécessaire de refaire le « Révérenciel » de notre parti, mais il est surtout urgent d’avoir des réponses claires et innovantes aux questions essentielles que se posent les français.
Et comment avoir de l’espoir quand le coût des achats quotidiens semble toujours augmenter plus vite que les salaires, quand on voit chaque jour les inégalités progresser, quand même les cadres moyens ont l’impression que leur avenir vire au noir, quand l’instruction ne permet plus de progresser dans l’échelle sociale, quand la retraite (pour ceux qui sentent approcher l’échéance) devient de plus en plus lointaine et incertaine.
Les inégalités progressent, et quoi de plus parlant que l’inégalité devant l’impôt et en particulier toutes les taxes que paient tout un chacun quel que soit son niveau de revenu. L’impôt sur le revenu est devenu une des plus faibles des ressources de l’état. Est-ce bien normal ? Chacun ne devrait-il pas payer, proportionnellement à ce qu’il reçoit ?
Payer l’impôt devrait être la norme pour tous les revenus, pour les petits contribuables comme pour les grands. Les déductions, réductions, prélèvements libératoires et autres crédits pourraient ne plus être liées à l’impôt et êtres accordées sur des fonds spécifiques décidés de manières démocratiques par le parlement. Il pourrait même être envisagé des aides régionales (plus proche est le responsable, plus il est possible d’agir).
La TVA est-elle un impôt intouchable ? Les niches fiscales et la complexité délibérée du champ fiscal sont-elles impossibles à réformer ? Les petits commerçants et artisans en particulier se sentent discriminé par les cascades d’impôts taxes et redevances auxquelles ils sont soumis. Plus que la valeur de ces impôts, c’est la complexité et l’administration de celles-ci qui semblent insupportables. Les lois fiscale sont de plus en plus compliquées et n’avantagent que les spécialistes.
La simplification du champ fiscal pourrait être un des premiers travaux à effectuer pour aller vers la justice.
Contrairement au projet de la droite de supprimer ou du moins de baisser considérablement les droits de succession, nous devrions proposer de supprimer toutes les franchises, quitte à élever le seuil d’application de ces droits.
Les gens ont été progressivement abusés concernant les cotisations sociales qui semblent êtres un impôt déguisé plutôt que ce qu’il est vraiment, ou qu’il devrait être, c’est-à-dire comme un salaire différé (en cas de maladie ou de retraite) et toucher toutes les formes de rémunérations. La sécurité sociale tant remise en cause par les libéraux doit être réformée, simplifiée dans l’esprit de ses créateurs.
Par ailleurs, le système des préretraites (sans doute nécessaire à l’époque) à été une erreur fondamentale car il à créé un moyen pour les employeurs de faire participer, sans frais, l’état à leur recherche de rentabilité et par contrecoup a créé une obsession de « jeunisme » dans les entreprises. Il est temps de revenir sur celle-ci. Les fonds destinés aux retraites pourraient s’en sentir aussitôt améliorés, si par ailleurs l’état assumait complètement sa mission en compensant intégralement les allègements de charges consenties et les réels versements pour les administrations.
Le code du travail à sans doute besoin d’être mis à jour, mais pas selon les préceptes libéraux du MEDEF. Mettons en place une commission pour repenser notre code qui protège de moins en moins de personnes (les vacataires, les intérimaires, les pseudos indépendants sortent le plus souvent du cadre de ce code, sans parler des chômeurs ni des préretraités volontaire ou non).
Il est sans doute nécessaire de retrouver un syndicalisme de masse pour défendre les travailleurs quels qu’ils soient, salariés ou non.
Le système d’inspection du travail de l’état est de plus en plus souvent délégué au judiciaire car les contrôleurs sont en nombre notoirement insuffisant, il est sans doute souhaitable d’en rétablir le nombre à un seuil nécessaire au bon déroulement de leurs fonctions. Leur présence plus proche pourrait aussi abaisser le travail dissimulé et protéger ainsi l’emploi régulier.
Le travail intérimaire de longue durée pourrait être taxé pour permettre aux travailleurs qui y sont employés de bénéficier d’une prime de fin de contrat substantielle. Le renchérissement de ce type d’emploi en réduirait sans doute la demande.
Pour le travail à temps partiel il pourrait être défini pour l’entreprise de telle manière que deux postes à temps partiel coûtent plus qu’un poste à temps plein, sans que cela n’affecte le revenu du salarié (par exemple en liant l’impôt sur les sociétés et le nombre de postes précaires).
Les licenciements collectifs pourraient êtres taxés très fortement, quitte à mettre en place un fond d’aide pour les entreprises ne pouvant pas subvenir à cette taxation. Il est temps que l’état se désengage de l’aide aux entreprises délocalisatrices. Aide qu’il effectue en assumant le chômage des ouvriers ainsi privés d’emploi.
Le code du commerce n’est pas lui non plus exempt de lacune quand les responsabilités des entreprises peuvent êtres dissoutes par le jeu de la filialisation, il est nécessaire de revoir et de clarifier cela.
Autre préoccupation essentielle la santé. Pour ceci, il nous faut faire acte de contrition, nous avons été les premiers à avoir lancé le train des réformes de rentabilisation du système de santé. Il nous aurait sans doute fallu plutôt voir pourquoi les dépenses de santé augmentaient et comment y remédier. Il serait sans doute nécessaire, au lieu de créer des zones de libres services pharmaceutiques, de responsabiliser les professionnels de santé en leur demandant de mettre en place des cercles de qualité interprofessionnels. Par ailleurs, les cliniques privées ont fait beaucoup progresser la dépense hospitalière par une course à l’équipement de pointe, que maintenant les patients imaginent indispensables au traitement du moindre de leurs maux. Il aurait peut-être été nécessaire de réévaluer le salaire des médecins hospitaliers plutôt que de créer les lits privés dans les unités publiques de soins, préfigurant une médecine à deux vitesses. La guerre que se mènent les laboratoires pourraient être atténuées, si le médecin ne pouvait que prescrire des principes actifs et non des produits finis conditionnés. Il serait ainsi plus facile d’expliquer la présence d’un produit sur l’ordonnance. Autre avantage, il n’y aurait ainsi qu’un seul responsable du renchérissement de la prescription médicamenteuse.
Les français sont apparemment (et à juste titre) attachés aux services publics.
Il est, sans doute, nécessaire aussi de reconnaître les fautes qui ont entachés notre gestion quand nous étions aux affaires, ce que nos électeurs n’ont pas oubliées (beaucoup nous voient responsables d’une certaine braderie de nos services publics).
Il nous faut là encore faire amende honorable, nous avons presque les premiers mis à mal ce service public, de la poste et même EDF et SNCF en libéralisant sans garde-fous suffisants pour le maintien du service.
Il nous faut sans doute voir, et sans apriori, quels sont les services nécessaires et même indispensables pour la société. Énergie, Eau, Santé, Éducation, Communications et par quel moyens il est le plus judicieux de les assurer (retour à la collectivité publique, mandats avec contraintes, contrats résiliables par la représentation nationale ou régionale, etc.).
Les services publics devraient êtres étudiés pour voir l’impact écologique de ceux-ci. De la même manière les contrats passés avec les sociétés assurant ces services devraient êtres revus en tenant en compte des impacts écologique et sociaux. Les dépenses liées aux aménagements nécessaires seraient un investissement durable, sans doute créateur de postes et aussi, pour l’avenir, garant d’économies.
Un point important qui pourrait être le premier concerne l’éducation-formation. Ce poste ne doit pas être considéré comme une charge, mais bien comme un investissement. IL doit amener tout un chacun à prendre conscience de ces qualités et offrir une solution de développement personnel au service de la collectivité.
Il est certain que l’Éducation Nationale, qui c’est éloignée de l’élève pour se concentrer sur le savoir, ne répond plus que partiellement à cette définition.
L’idée fausse que seules les études théoriques amènent à la réalisation personnelle a amené la population à considérer que les emplois, et donc les formations, demandant plus de savoir faire que de connaissances théoriques étaient dévalorisants. Les sociétés ont besoin de bons artisans et les formations de ceux-ci ne doivent pas êtres négligées mais au contraire valorisées et adaptées aux demandes d’élèves privilégiant la pratique au théorique.
Les maîtres d’antan avaient d’abord un regard sur l’élève et sur ce qu’il pouvait faire. Il est vrai que l’offre s’est particulièrement accrue, mais la vision de la réussite par les seules représentations intellectuelles fausse aussi le jugement de l’enseignant et les objectifs définis sont précis dans ce sens. Les possibilités d’évolution sont très faibles pour quelqu’un qui n’a pas de diplôme et les systèmes mis en place pour valoriser les acquits sont assez peu efficaces. La formation se doit d’être continue pour tous car l’évolution des techniques et de la société est si rapide qu’il est indispensable de faire le point régulièrement sur ses connaissances pour ne pas régresser.
L’échec scolaire ne peut être toléré dans notre société et n’est dû qu’à l’inadaptation de notre système de formation.
Le dernier point est celui de la représentation nationale pour que celle-ci ne se sclérose pas il est nécessaire d’en assurer la mutation continuelle. Le cumul strict des mandats est un des chemins obligatoires et le statut de l’élu une nécessité pour y parvenir.
Une part de ses propositions ne peut-être exécutée que dans un cadre Européen, il est donc indispensable de trouver (dans un deuxième temps et après concertation) un accord entre les partis de progrès de notre Europe.
Ceci serait sans doute possible si nos propositions sont de qualité et répondent à la demande des habitants qui n’est pas si différente dans les autres pays que dans le notre.
Je conçois que cela soit irrévérencieux, mais les regrets viennent souvent de ne pas avoir su prendre les risques qui étaient nécessaires.
Tout n’est pas fini, la demande des français est avant tout une de retrouver l’espoir.
Gérard Lenne